Les médias ne parlent que de ça ces derniers jours.

Chantal Sébire, 52 ans, mère de 3 enfants, souffre d'ésthésioneuroblastome, une "tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale qui provoque d’effroyables douleurs et entraîne inexorablement le malade vers la mort. Aux dégradations physiques vient s’ajouter la perte progressive des facultés sensorielles" (goût, odorat, vue, ...).

Cette ancienne institutrice, complètement défigurée (la photo parle d'elle-même...), a demandé le droit d'être euthanasiée, afin d'abréger ses souffrances et mourir dans la dignité. Elle est décédée hier (mercredi 19 mars 2008), sans avoir obtenu l'autorisation qu'elle demandait.
Grâce à Chantal Sébire, le débat sur l'euthanasie active, en panne depuis 2003 (à l'époque c'était l'histoire de Vincent Humbert, tétraplégique que sa mère a aidé à mourir, qui deffrayait la chronique), est relancé en France.
Faut-il oui ou non autoriser l'euthanasie ? Et pourquoi ?
A lire : Euthanasie : que dit la loi en France ?
Sources : France Soir, LePost.fr
6 commentaires:
Entendu sur France Info, un défenseur du "droit à l'euthanazie" : "Il ne faut pas jouer sur l'affectif, avec des sujets aussi graves que celui-ci". Que fait cette photo, sinon peser sur nos sentiments, et nous empêcher de réfléchir calmement et sans passion à la question ?
Certes, il faudrait ne pas laisser l'affectif dominer...
Mais il s'agit ici de la vie d'êtres humains, et même d'un point de vue objectif, leur souffrance ne peut être ignorée.
Cette photo n'est pas à considérer comme un moyen de peser sur les sentiments, je l'ai mise ici plutôt pour considérer l'aspect médical de la maladie.
L'aspect médical de la maladie peut très bien être formulé avec des mots, en s'adressant uniquement à la raison. Nous connaissons tous le (dangereux) pouvoir de l'image, image qui s'adresse plus facilement à l'émotif. Je ne peux pas croire que cette photo a été affichée partout uniquement dans un but de connaissance médicale.
De toute façon, le débat est faussé : "Elle souffre, ce n'est pas humain de la laisser vivre. Et puis elle demande la mort..." 2 arguments qui n'en sont pas, et contre lesquels on ne peut en effet rien dire, sous peine de passer pour un monstre sans coeur. Ce débat n'en est pas un, c'est juste une énorme manoeuvre pour 'forcer' doucement et sans violencde les gens à accepter l'euthanasie, comme on les a 'forcé' à accepter l'avortement. Le combat est le même, le danger est le même : quid de la valeur de la vie humaine ?
Et pendant ce temps, on nous appelle à signer des pétitions pour arrêter de tuer des animaux pour leur prendre leur fourrure....... Monde paradoxal. Et sacrément angoissant.
La photo est à prendre en compte (je ne l'avais encore jamais vue), certes, mais pas du point de vue médical. Pour ce point de vue là, nul besoin de photo.
Par contre, pour le point de vue de la souffrance morale du fait de se voir défigurée, alors oui, là ça entre en compte.
La question reste cependant : en quoi consiste, ou en quoi réside la dignité d'une personne humaine ? Et là, la photo n'apporte pas de réponse, pas plus que les sentiments. C'est la réflexion, au moins philosophique et sans doute aussi religieuse, et la connaissance intellectuelle et non seulement expérimentale de la personne humaine qui donnent des réponses.
Le problème de beaucoup de gens est le suivant : tant qu'ils n'ont rien vu, ils préfèrent ignorer, minimiser, etc.
Car comment parler de quelque chose qu'on ne connait pas ? Aujourd'hui, tout est prétexte à utiliser des superlatifs du genre "super" "exceptionnel" "affreux" etc. pour des sujets relativement banals. C'est là que les mots ne sont plus vraiment utiles, d'où la présence de cette photo.
Pour moi il reste important de la montrer. Afin de bien pouvoir cerner tous les aspects du problème, il faut selon moi voir a quoi l'on a affaire. Ensuite il est vrai que la photo ne sert plus a grand chose. Je ne dis pas qu'il faut l'oublier, ou réagir "à chaud", le mieux reste encore de laisser passer un peu de temps afin de pouvoir réfléchir posément à la question posée...
Et puis en même temps, sommes-nous "propriétaires" ou non de nos vies ? Si une personne désire mourir, faut-il l'en empêcher ? Et pourquoi ?
Débat intéressant qui regorge d'idées intéressantes. Pour moi, tous les avis se valent. Il faut évidemment ne pas se laisser embarquer par les émotions personnelles dans le débat qui vise la société. C'est surtout vrai pour les politiques qui décideront de la suite de l'affaire. Mais le débat doit évidemment mentionner tous les arguments dont celui de la souffrance.
D'autre part, en réponse à fikmonskov, les pétitions anti-fourrures n'ont rien à voir avec le problème de l'euthanasie. Dans le premier cas, on fait volontairement souffrir des êtres vivants alors que dans l'autre la souffrance est due à la maladie qui est une chose tout à fait naturelle.
Mais pour faire avancer le débat, je reprendrai l'avis énoncé par le webmaster à savoir sommes-nous "propriétaires de nos vies"? La réponse est toute faite, il est clair que oui : la preuve par le suicide. Sauf que pour l'euthanasie, on assiste le malade. De plus, les personnes qui réclament le suicide assisté ont une chose en plus que les les auters n'ont pas : une autre vision de la mort. La plupart sont dans des conditions immuables telles qu'une paralysie totale ou bien une maladie incurable. Par ce fait, ils sont probablement plus compétent pour un débat aussi lourd que celui-ci. Cependant, il faudra bien sur réguler strictement la pratique. Il ne faut pas que ce soit une solution de facilité pour les malades. Et cela ne doit pas déresponsabiliser tous les acteurs d'une telle pratique. J'ai appris récemment qu'une jeune fille c'était déjà fait avorter plusieurs fois à cause d'une apparente immaturité. On ne doit pas faire n'importe quoi sous prétexte qu'une simple et facilement accessible solution existe. Il doit en être pareil pour l'euthanasie.
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