jeudi 1 mai 2008

Manifestations lycéennes : quelle importance leur accorder ?




En France, la réforme de l'Education Nationale, et notamment l'annonce de la suppression des postes d'enseignants, ont provoqué un tollé... La réactionne s'est pas faite attendre : entre 30.000 et 40.000 lycéens et enseignants manifestent le 29 avril dans les zones A et B. Vacances obligent, pas de chiffres pour les villes de la zone C.


Ces chiffres représentent beaucoup de monde... du moins à première vue. Quelle importance peut-on réellement accorder à ces chiffres ? Pour répondre à cela, je m'appuierai sur l' "exemple" des manifs anti-CPE, dont vous avez tous pu suivre l'évolution dans les médias...


Allez dans un lycée, et écoutez un peu les discussions...

"Pff c'est nul, cours de maths cet après-midi, alors qu'il fait beau...

- On a qu'à aller manifester contre le CPE !

- Oui bonne idée ! Mais en fait c'est quoi le CPE ?

- Une loi qui dit que tu peux te faire renvoyer de ton boulot sans raison !

- Ah c'est injuste ! Je viens manifester moi !"

... Sans commentaires. Pas envie d'aller en cours, alors je vais à la manif, et là je me contenterai de crier des slogans contre un projet que je n'ai même pas pris la peine de lire... C'est quand même bien plus marrant, avouez...


Bref au final, tout le monde s'en va manifester, après moults agitations Fillon plie, le projet de loi est retiré... En attendant, personne ne sait pourquoi le gouvernement s'appliquerai à faire voter cette loi...


On se pose finalement la question du "Pourquoi le CPE ?"... Sorti de son contexte, de son cadre, le projet devient beaucoup plus justifié. A la base, le CPE était un projet de loi destiné à assouplir la législation du travail, afin de relancer l'emploi et l'économie. (NB : Controverse en vogue chez les économistes, la disparition du salaire minimum...)


La plupart des lycéens dans la rue ne savent même pas pourquoi ils manifestent au fond, ils se contentent de brandir des affiches et de scander les slogans concoctés par des syndicats de lycéens et des organisations de gauche, voire d'extrême-gauche... Au final, la très (trop) grande majorité de ces jeunes protestataires ne sont là que pour passer un bon moment et profiter du beau temps, plutôt que de se morfondre dans des salles de cours.


Alors aujourd'hui, en Mai 2008, alors que partout on ne parle que du 40ème anniversaire de Mai-68, ce fameux mois de Mai que chaque génération aimerait reproduire, peut-on réellement prendre en compte, accorder une importance quelconque au nombre de lycéens dans les rues ?

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